La Série des Grands Bâtisseurs


Pour aller plus loin
Immortal Cities: Les Enfants du Nil
CivCity : Rome
Partie Préliminaire
J'ai toujours apprécié, et cela, depuis ma tendre enfance, les jeux de gestion. On se transforme en véritable architecte, on bâtit une ville, on part de rien jusqu'à fonder une immense cité, on devient alors un bâtisseur par excellence, dans l'âme, on se révolutionne soi-même. Force est de constater un épanouissement personnel, enrichissant, relativement efficace pour le joueur, d'abord, parce qu'il se confronte à un univers gigantesque, ensuite, parce que ce monde imaginaire oblige le joueur à employer parallèlement des tactiques pour élaborer un ensemble performant, convenable, complet : une ville originale, authentique. En fait, j'estime les jeux de gestion comme des jeux forts, insupportables (d'une difficulté extrême) avec une touche de grandiose (sur le rendu final). Je parle bien sûr pour mon cas, je ressens véritablement quelque chose quand je me lance dans un projet un petit peu fou, singulièrement extravagant voire démesuré, avec ce sentiment qui vient se manifester tout au long de la partie de découragement, d'indignation entre les idées, les projets et les premiers résultats.
Autrement dit, vous l'avez compris, je tente par ce premier paragraphe de mettre en avant le rôle crucial des jeux de gestion dans la vie de tous les jours, plus particulièrement dans celle des joueurs, des fans. Les jeux de gestion convergent sur une idée concrète: permettre au joueur de revivre une certaine période en tant que dirigeant, constructeur !
Par conséquent, le joueur s'offre le luxe de retracer l'histoire, ou du moins, dit dans un langage plus propre, de s'insérer à une époque donnée, et, d'essayer de marquer son empreinte par son intelligence, son ingéniosité, sa création etc. Tout un panorama, tout un spectacle, avec cette impression grandissante d'incarner « l'Homme de la situation », la personne née pour changer le destin d'une communauté, d'une ville, d'un pays.
Présentation
La Série des Grands Bâtisseurs s'inscrit d'abord dans les mémoires. C'est exactement le style utilisé qui laisse des traces, qui, quelque part, amorce les idées, les améliorations, les nouveautés. En d'autres termes, je considère cette série comme l'aboutissement des jeux modernes, rien n'existerait sans les apports considérables des premiers opus, certes, aujourd'hui, anciens, MAIS, pas, comme on pourrait le penser, dépassés. Obsolète au niveau graphique, OK, ça passe, pour le reste, la série des Grands Bâtisseurs continue d'émerveiller les petits et les grands par son ingéniosité, son originalité, son efficacité etc. Elle initie, elle fonde l'univers des jeux de gestion. En parallèle, dans un autre sujet, je présentais la longue Série des RollerCoaster Tycoon, qui, comme par hasard, se basait sur les principes engendrés par ... la série des ... Grands ... je vous laisse deviner la suite.
Bon, c'est bien beau, mais c'est quoi ? Alors, la série des Grands Bâtisseurs se définit comme un ensemble de jeux vidéos dédiés à la gestion des villes (uniquement sur PC). Le terme « gestion » constitue un véritable problème. C'est très large, la gestion, c'est tout et n'importe quoi. Pour clarifier, la gestion porte essentiellement sur l'idée de gouvernance (mais malheureusement ce n'est pas que ça). Par exemple, on peut très bien qualifier la gestion par la capacité à fonder une ville, à s'en occuper aisément, la renforcer etc. Gestion provient du verbe gérer, donc s'initier sur/à quelque chose (un projet, une idée etc.). Dans tous les cas, la gestion force le joueur à administrer, diriger, réglementer, gouverner, fournir, ou tout simplement se situer au centre des événements. C'est cette place qui est très importante, dans les jeux de gestion comme par exemple les RollerCoaster Tycoon ou Les Grands Bâtisseurs, le joueur se situe au milieu, avec ce sentiment d'équilibre instable. Gérer, c'est pas facile, il faut se donner les moyens pour réussir : des moyens intellectuels avec une certaine vivacité d'esprit, être inventif, créatif (pour ainsi dire dieu) etc. Des qualités que tous les individus n'ont pas, néanmoins, les jeux de Gestion viennent remédier à ce constat néfaste, en proposant d'élaborer, dans un univers fictif, des villes, donc, de se mettre en situation quasi réelle, de se confronter à quelque chose de concret.
En fait, se lancer dans un jeu de Gestion, c'est s'amuser et évoluer cérébralement (dans le bon sens !), c'est se perfectionner, user par des tactiques multiples, se creuser toujours plus la cervelle, avec cette crainte de ne pas réussir qui subsiste, pour aboutir au final à un résultat convenable (parfait pour les fortiches). En ce sens, la Série des Grands Bâtisseurs constitue un challenge inépuisable pour les joueurs motivés recherchant la transpiration intellectuelle.
Je vais présenter une longue série, car, les Grands Bâtisseurs ne se résume pas en seulement un ou deux opus, c'est beaucoup plus grand, plus poussé avec au final tout un univers, très bien pensé par les développeurs (Impressions Games), il faut citer également l'éditeur de la série (Sierra). Pour clarifier immédiatement les choses, la série des Grands Bâtisseurs se base sur quatre grandes civilisations antiques :
- D'abord, le monde romain avec les épisodes de la série Caesar (tout premier opus en 1992), Caesar II (1995), Caesar III (1998) et Caesar IV (2006).
- On note d'emblée les Égyptiens avec Pharaon (1999), Cléopâtre : La Reine du Nil (2000), Immortal Cities : Les Enfants du Nil (2005: sur ce point, ce dernier opus sera traité dans un autre sujet).
- Ensuite, la série se penchera, pour le plus grand bonheur des joueurs, sur un univers très riche, fascinant en termes d'histoire: la Grèce antique avec Le Maître de l'Olympe : Zeus (2000) et Le Maître de l'Atlantide : Poséidon (2001).
- Enfin, on constate la venue curieuse, quelque peu particulière (la série s'axait totalement sur le contour méditerranéen) mais qui enrichit davantage les opus précédemment cités avec Empereur : L'Empire du Milieu (2002).
Annonce
Mon objectif principal est de rassembler ces différents jeux dans un sujet unique (certes, quelques-uns sont mentionnés sur le forum, mais à mon goût, il y avait ce sentiment d'éparpillement). Parce que la Série des Grands Bâtisseurs mérite de trouver sa place dans un sujet convenable, parce que c'est montrer mon admiration, remercier symboliquement les développeurs à travers mes analyses, mes dires.
Deux possibilités s’offrent à moi pour assurer un plan compréhensible : soit, j’organise mes arguments par thématique (Rome, Egypte, Grèce et Chine) ou, seconde possibilité, j’ordonne mes propos par ordre chronologique (date de sortie des jeux).
Il semble à priori préférable de distancer au maximum chaque univers, chaque grande civilisation, la première solution sera donc retenue. Je ne suis en effet pas certain, si j’opte pour la seconde solution, de réussir à former quelque chose de crédible, de fidèle à la série. Autant les exploiter indépendamment, sans nécessairement les comparer. Toutefois, cette comparaison sera maintenue dans une conclusion générale de la série. Autrement dit, j’admettrai le vainqueur parmi toutes ces petites pépites, sur lequel il faut le plus s’attarder. Bien entendu, cette conclusion finale pourra être remise en cause par un grand nombre de fans, car elle découle d’un avis personnel (et non général !).
La Civilisation Romaine
La fondation légendaire de Rome. Qui n'a jamais rêvé de revivre l'histoire au plus près d'un tel mythe? En 1992, la série des Grands Bâtisseurs émergeait avec cette ambition d'originalité, d'authenticité, avec un premier opus Caesar, suivi trois ans plus tard par Caesar II (1995), ensuite Caesar III (1998) et enfin un tournant avec Caesar IV (2006), qui figure peut-être comme l'aboutissement d'un long projet.
La Civilisation Égyptienne
Toutefois, les développeurs ne se sont pas cantonnés uniquement au monde romain et ont ranimé les passions avec une autre grande civilisation: l'Egypte avec Pharaon (1999), Cléopâtre : La Reine du Nil (2000), Immortal Cities : Les Enfants du Nil (2005, étudié dans un sujet parallèle).
La Civilisation Grecque
Nonobstant, on déplore l'absence quelque peu délicate d'une civilisation essentielle: la Grèce. Sous cet angle, on constate la venue époustouflante de deux nouveaux épisodes: d'abord Le Maître de l'Olympe : Zeus (2000), dans un second temps, Le Maître de l'Atlantide : Poséidon (2001).
La Civilisation Chinoise
Enfin, les développeurs vont enrichir la série avec un nouveau territoire exploitable: la Chine, loin des confrontations européennes, les créateurs espèrent innover en ce sens avec Empereur : L'Empire du Milieu (2002).
Remarques Préalables
Avant d'approfondir mes propos, j'aimerais d'abord citer deux sujets traités sur le forum (histoire de ne pas les enterrer) :
- Zeus : Le maître de l'Olympe. Dans ce premier sujet, lowloldieu et d'autres membres donnent des avis très intéressants (les approches sont parfois excentriques) sur Zeus : Le maître de l'Olympe.
- Caesar IV : Stilgar, avec ses ambitions romaines, apporte des détails sur Caesar IV.
La seconde remarque concerne mes dires, certains exprimeront ouvertement que la série des Grands Bâtisseurs se cantonne à quelques épisodes (et pas tous !), néanmoins, j'ai souhaité englober la totalité afin d'être le plus complet possible.
Impression
En fait, pour bien initier mes longs paragraphes (certains risquent de pleurer, se lamenter, toutefois, ce ne sera pas aussi approfondi que la série des RollerCoaster Tycoon), je vais préalablement détailler la manière dont je vais m'y prendre pour analyser ces différents opus. D'abord, je rappelle le contexte du jeu, ensuite, je divise mes propos en deux parties: en premier lieu, je donne mon opinion sur le mode gestion (parce que c'est le sujet central), puis, je me permets de généraliser sur l'ensemble, c'est à dire, l'ambiance du jeu. Enfin, je termine par une petite conclusion. Chaque jeu suivra ce fonctionnement identique, certes traditionnel, mais concocté au plus simple.
La Civilisation Romaine
1992, une année à retenir, à marquer sur ses calendriers car la longue série débute avec les fameux Caesar. Au départ, les développeurs se cherchaient, on ne savait pas trop ou ce premier opus allait bien mener ? Ce tout premier jeu permettrait-il de lancer un projet beaucoup plus ambitieux ? A l’inverse, allait-il se solder sur un échec ? Par conséquent, en 1992, les développeurs affirmaient strictement leur point de vue en jetant dans l’arène informatique ce premier opus. Et que s’est-il passé ensuite ? Eh bien, Caesar s’est imposé, engendrant une suite, et assurant la diversification future de la série au monde égyptien, grec et chinois. On se penche dans cette introduction sur les conséquences d’un tel projet, situation intéressante car tous les jeux détiennent une histoire, et cette histoire doit nécessairement débuter tristement. Car, j’estime que trop peu de joueurs connaissent Caesar premier du nom, perturbateur, jeu indiscipliné en la matière qui amorce le projet, les idées, qui structure positivement la série. Ainsi, en 1992, la sortie du jeu Caesar se caractérise par un positionnement clair des développeurs, on ne savait pas trop si la révolution informatique en termes de gestion éclorait dès cette année, il faut noter irrémédiablement que malgré un certain oubli du tout premier jeu de la série, on doit considérer respectueusement chaque jeu, car, chaque jeu doit être observé d’une façon individuelle, unique et critique. A ce titre, Caesar met en exergue (tout le monde ne connaît pas la signification de ce mot, serait-ce « en avant ») un projet, Caesar II amplifie certaines notions, Caesar III apporte quelques changements, puis entre temps, on divise la série en deux civilisations, puis trois, puis quatre, avant de parachever l’univers par un certain Caesar IV en 2006.




La première civilisation sera la dernière servie. Courant mai 2015.
Quelques aperçus
Quelques vidéos pour appuyer mes arguments :
La Civilisation Romaine
Spoiler:
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