La Chine va t elle vers l'ère Showa ?

Petit retour en arrière et traversons un peu la mer de Chine pour nous retrouver au Japon médiéval. Au japon, comme en Chine du reste, le temps se découpe en ères et époques. Les périodes qui vont nous intéresser se situent au début de l’époque d’Edo, vers 1600.
L’époque d’Edo voit de profonds changements se profiler pour l’Empire du soleil levant, les occidentaux arrivent, partagent leur culture et s’implantent sur l’archipel nippon. Les japonais sont plutôt ouvert vis-à-vis de cette arrivée, ils laissent même les religions venir prendre place au sein d’une culture pourtant déjà très riche de code et de croyances. C’est ce qui va poser des problèmes aux occidentaux et aux japonais, le catholicisme ne s’intègre pas avec le mode de vie des japonais, la culture est trop décalée et occasionne une série de problématiques qui ne trouveront de solutions qu’avec l’externalisation. C’est ainsi qu’après s’être ouvert sur ce monde qui venait à lui, le Japon décide de se refermer et de revenir à sa vie propre. La période Sakoku, replonge le Japon dans une vie féodale, le moyen age pour ce pays, ils y resteront 250 ans, coupés du monde, hermétique à toute intrusion, hostiles à toute dilution.
Et puis, les occidentaux évoluent de leur coté et le Japon doit un jour se rendre à l’évidence qu’il ne peut continuer à contracter ce décalage qui s’opère. C’est le début de la période Bakumatsu. L’isolationnisme va prendre fin, le Japon va à nouveau s’ouvrir sur le monde, reprendre la grande histoire commune.
Le Japon n’a pour ainsi dire pas évolué en 250 ans, alors qu’en Europe/Amérique il y a eu les révolutions, les lumières, l’industrialisation. Conscient de son effroyable retard, l’Empire se constitue derrière une unité nationale qui va le porter sur 3 étapes successives les ères modernes.
L’Ere Meiji, 1868-1912, est le début d’une formidable aventure pour le Japon. Ils s’ouvrent sur tout et ont soif de modernité. Ils désirent actualiser dans tous les domaines. Bien que très attaché à leur culture, ils voudront apprendre l’économie, l’industrie, l’art de la guerre. Ils se rapprochent des plus efficaces dans tous ces domaines. Oeuvreront avec les britanniques pour apprendre la marine, avec les allemands pour apprendre la guerre (la victoire de 1870 sur la France les place comme les plus efficaces), les américains pour leur apprendre l’industrie, l’économie. Ils sont riches d’une croissance formidable, d’une détermination exaltée, d’une réussite et d’une efficacité. En peu de temps, ils parviennent même à faire mieux que ce que les meilleurs sont venus leur apprendre. Ils vendent des bien de consommation à des pays qui jusque là étaient leader, pour illustrer il faut regarder qu’ils vendaient même de la bière aux allemands.
Après être sorti de leur isolationnisme castrant, le Japon a donc eu soif d’évolution et a parfaitement su s’y adonner, l’ère Taisho couvrant la période 1912-1926 est une sorte d’intermède où ils seront « suiveurs ». La première guerre mondiale ayant éclaté et s’étant alignés sur la position du Royaumes Unis, ils n’ont pas réellement de directive. De là naitra une frustration, car après la conférence de Versailles (dont on sait les répercutions qu’elle a eu en Europe avec les prétextes revendicatifs nazis), ils n’ont pas eu de place décisionnaire, ils vivront politiquement très mal ce laissé de coté.
Hiro Hito, sera l’empereur de l’ère Showa (1926-1989) mais la période qui nous intéresse est celle qui précèdera la seconde guerre mondiale. Avec l’arrivée d’Hiro Hito, le Japon est mure pour regarder au-delà de ses frontières. Ils ont prospéré depuis maintenant 50 ans, se sont modernisés et commencent à entreprendre une vision impérialiste au-delà de l’archipel. Les géostratèges japonais élaborent ce qui sera appelé la sphère de coprospérité de la grande asie orientale. La vision est d’amener cette formidable sphère à un fonctionnement commun et autonome. C’est symbolisé par une sorte de chapiteau qui recouvre l’asie et dont le pillier serait évidement le Japon.
L’impérialisme Japonais prend forme, s’élabore, s’articule. Là où Adolf Hitler n’est pas encore au pouvoir, le Japon se lance déjà dans l’annexion de la Manchourie, première étape du plan d’ensemble. Cette agression caractérisée les amènera à quitter la SDN (équivalent de l’ONU de l’époque) suite à des molles critiques. L’interventionnisme impérial nippon est maintenant en marche.
Le cheminement ultérieur est celui que l’on connaît, bien qu’il faille prendre conscience que des guerres successives en Chine ont lieue dés les années 30 alors que nous même sommes encore en train d’à peine penser aux Sudètes dont il va pourtant falloir se défaire, symbole de notre propre peur et refus de faire face à l’inacceptable. Rappelons que la Chine perdra 12 000 000 de vies durant la guerre contre le Japon, autant que l’URSS durant la seconde guerre mondiale, 2 fois l’holocauste et tout ça dans l’indifférence de faits généralisée.
Ce cheminement du Japon « moderne » le sortant de l’isolationnisme pour le mener vers l’impérialisme est dans une certaine mesure à mettre en parallèle avec le cheminement actuel de la Chine. Toute la question de ce petit rappel d’Histoire, pousse à poser l’interrogation qui motive mon intervention : La Chine finira t elle aussi par avoir son ère Showa, l’impérialisme chinois émergera t il après sa formidable croissance ? Le monde devra t il un jour regarder, résigné, l’Empire du Milieu prendre son envol au-delà de ses frontières ? Sommes nous à l'aube d'un destin dont nous ne seront plus instigateurs, condamné à regarder, effrayés, la soif démesuré d'un Empire ferme et déterminé ?

Petit retour en arrière et traversons un peu la mer de Chine pour nous retrouver au Japon médiéval. Au japon, comme en Chine du reste, le temps se découpe en ères et époques. Les périodes qui vont nous intéresser se situent au début de l’époque d’Edo, vers 1600.
L’époque d’Edo voit de profonds changements se profiler pour l’Empire du soleil levant, les occidentaux arrivent, partagent leur culture et s’implantent sur l’archipel nippon. Les japonais sont plutôt ouvert vis-à-vis de cette arrivée, ils laissent même les religions venir prendre place au sein d’une culture pourtant déjà très riche de code et de croyances. C’est ce qui va poser des problèmes aux occidentaux et aux japonais, le catholicisme ne s’intègre pas avec le mode de vie des japonais, la culture est trop décalée et occasionne une série de problématiques qui ne trouveront de solutions qu’avec l’externalisation. C’est ainsi qu’après s’être ouvert sur ce monde qui venait à lui, le Japon décide de se refermer et de revenir à sa vie propre. La période Sakoku, replonge le Japon dans une vie féodale, le moyen age pour ce pays, ils y resteront 250 ans, coupés du monde, hermétique à toute intrusion, hostiles à toute dilution.
Et puis, les occidentaux évoluent de leur coté et le Japon doit un jour se rendre à l’évidence qu’il ne peut continuer à contracter ce décalage qui s’opère. C’est le début de la période Bakumatsu. L’isolationnisme va prendre fin, le Japon va à nouveau s’ouvrir sur le monde, reprendre la grande histoire commune.
Le Japon n’a pour ainsi dire pas évolué en 250 ans, alors qu’en Europe/Amérique il y a eu les révolutions, les lumières, l’industrialisation. Conscient de son effroyable retard, l’Empire se constitue derrière une unité nationale qui va le porter sur 3 étapes successives les ères modernes.
L’Ere Meiji, 1868-1912, est le début d’une formidable aventure pour le Japon. Ils s’ouvrent sur tout et ont soif de modernité. Ils désirent actualiser dans tous les domaines. Bien que très attaché à leur culture, ils voudront apprendre l’économie, l’industrie, l’art de la guerre. Ils se rapprochent des plus efficaces dans tous ces domaines. Oeuvreront avec les britanniques pour apprendre la marine, avec les allemands pour apprendre la guerre (la victoire de 1870 sur la France les place comme les plus efficaces), les américains pour leur apprendre l’industrie, l’économie. Ils sont riches d’une croissance formidable, d’une détermination exaltée, d’une réussite et d’une efficacité. En peu de temps, ils parviennent même à faire mieux que ce que les meilleurs sont venus leur apprendre. Ils vendent des bien de consommation à des pays qui jusque là étaient leader, pour illustrer il faut regarder qu’ils vendaient même de la bière aux allemands.
Après être sorti de leur isolationnisme castrant, le Japon a donc eu soif d’évolution et a parfaitement su s’y adonner, l’ère Taisho couvrant la période 1912-1926 est une sorte d’intermède où ils seront « suiveurs ». La première guerre mondiale ayant éclaté et s’étant alignés sur la position du Royaumes Unis, ils n’ont pas réellement de directive. De là naitra une frustration, car après la conférence de Versailles (dont on sait les répercutions qu’elle a eu en Europe avec les prétextes revendicatifs nazis), ils n’ont pas eu de place décisionnaire, ils vivront politiquement très mal ce laissé de coté.
Hiro Hito, sera l’empereur de l’ère Showa (1926-1989) mais la période qui nous intéresse est celle qui précèdera la seconde guerre mondiale. Avec l’arrivée d’Hiro Hito, le Japon est mure pour regarder au-delà de ses frontières. Ils ont prospéré depuis maintenant 50 ans, se sont modernisés et commencent à entreprendre une vision impérialiste au-delà de l’archipel. Les géostratèges japonais élaborent ce qui sera appelé la sphère de coprospérité de la grande asie orientale. La vision est d’amener cette formidable sphère à un fonctionnement commun et autonome. C’est symbolisé par une sorte de chapiteau qui recouvre l’asie et dont le pillier serait évidement le Japon.
L’impérialisme Japonais prend forme, s’élabore, s’articule. Là où Adolf Hitler n’est pas encore au pouvoir, le Japon se lance déjà dans l’annexion de la Manchourie, première étape du plan d’ensemble. Cette agression caractérisée les amènera à quitter la SDN (équivalent de l’ONU de l’époque) suite à des molles critiques. L’interventionnisme impérial nippon est maintenant en marche.
Le cheminement ultérieur est celui que l’on connaît, bien qu’il faille prendre conscience que des guerres successives en Chine ont lieue dés les années 30 alors que nous même sommes encore en train d’à peine penser aux Sudètes dont il va pourtant falloir se défaire, symbole de notre propre peur et refus de faire face à l’inacceptable. Rappelons que la Chine perdra 12 000 000 de vies durant la guerre contre le Japon, autant que l’URSS durant la seconde guerre mondiale, 2 fois l’holocauste et tout ça dans l’indifférence de faits généralisée.
Ce cheminement du Japon « moderne » le sortant de l’isolationnisme pour le mener vers l’impérialisme est dans une certaine mesure à mettre en parallèle avec le cheminement actuel de la Chine. Toute la question de ce petit rappel d’Histoire, pousse à poser l’interrogation qui motive mon intervention : La Chine finira t elle aussi par avoir son ère Showa, l’impérialisme chinois émergera t il après sa formidable croissance ? Le monde devra t il un jour regarder, résigné, l’Empire du Milieu prendre son envol au-delà de ses frontières ? Sommes nous à l'aube d'un destin dont nous ne seront plus instigateurs, condamné à regarder, effrayés, la soif démesuré d'un Empire ferme et déterminé ?
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